Introduction sur la réserve de Berezinsky
La Réserve de Biosphère de Berezinsky est un site unique à haute naturalité. C’est le seul en Belarus, ce qui justifie son statut de protection. Ce territoire qui abrite les affluents de la rivière Berezina présente une grande diversité de faune et de flore. Vastes forêts, marais tourbeux impénétrables, une formidable plaine inondable de la Berezina qui donne son nom à la réserve, toutes ces caractéristiques idéales créent des habitats pour une multitude d’espèces dont certaines furent communes en Europe mais aujourd’hui soit disparaissent soit deviennent extrêmement rares. Perçons ce mystère et apprenons en plus sur la valeur unique de la réserve de Berezinsky.
Aujourd’hui le castor est un véritable maître sur la rivière Berezina et ses multiples affluents. Mais il fut un temps où cet animal faillit disparaître du pays et où seuls quelques petits groupes survivaient dans la Berezina. C’est la protection du castor qui fut la raison principale de la création de la réserve de Berezinsky le 30 janvier 1925. L’adoption de mesures de protection fut très positive et dès la fin des années 1950, le castor avait reconquis l’ensemble du bassin de la Berezina. Aujourd’hui, l’espèce est commune en Belarus et la réserve de Berezinksy en compte environ 500 individus.
Le succès enregistré avec la préservation du castor a contribué à la protection de l’ensemble du complexe naturel de la réserve dont l’importance a été reconnue au niveau international. Ainsi, la réserve de Berezinsky abrite aujourd’hui 5 des plus rares mammifères d’Europe : ours brun, loup, lynx, bison, élan.
L’ours brun est le plus grand prédateur des forêts de la réserve. Le territoire de la réserve constitue un noyau de population de plantigrades pour les populations d’ours de la région et c’est ici que l’on trouve la plus forte densité d’ours en Belarus. Environ 30 ours vivent dans la réserve et l’on peut observer facilement les traces de leur activité et voir les ours eux-mêmes avec un peu de chance. Ce n’est pas un hasard si l’ours figure sur le logo officiel de la réserve
Le loup est relativement commun dans la réserve et sa population semble stable. Chaque année, deux ou trois portées de louveteaux naissent dans des lieux inaccessibles, principalement dans des îles au sein des tourbières. Les meutes de loups sont extrêmement mobiles et se déplacent sur de longues distances. En hiver ils quittent fréquemment la réserve. En automne, les loups mangent régulièrement des baies dans les tourbières.
Le lynx est le seul félin représenté dans la faune actuelle de la réserve. C’est un animal typiquement forestier ne quittant pas les forêts âgées et mélangées. Le lynx s’abrite sous des arbres déracinés, dans les trous de gros arbres, au milieu d’arbres renversés. Depuis que ces sites sont fréquents dans la réserve, on estime la population à 20–25 individus.
La harde de bison réintroduite dans la réserve de Berezinsky compte 38 individus. Ils passent la plupart de leur temps dans les forêts de feuillus difficilement accessibles autour du lac Palik. Les bisons de Berezinsky élevés en captivité puis relâchés dans la nature constituent une des populations les plus autonomes. Ils se nourrissent et se protègent seuls. Ils reçoivent une aide sous la forme de compléments de nourriture seulement durant les hivers rudes.
L’élan est le plus nombreux des grands ongulés des forêts de la réserve. Les indices de sa présence sont très nombreux partout, des forêts de pins sylvestres à la vallée de la Berezina et aux tourbières. On peut le voir occasionnellement et l’effectif de la réserve est estimé à 400–450 animaux
La réserve est spécialement fière de ses oiseaux. La liste recense plus de 230 espèces. 58 des 75 espèces d’oiseaux figurant au Livre Rouge du Belarus vivent dans la réserve. Visiter les places de parades des grands tétras ou des tétras lyres au printemps est une expérience inoubliable. Jusqu’à 15 grands tétras et 30 tétras lyres mâles peuvent être rassemblés ensemble sur de grandes places de parade.
L’abondance de nourriture favorise la grande diversité d’espèces et le grand nombre de prédateurs. Aigle royal, chouette lapone, chouette de l’Oural, chouette de Tengmalm, hibou grand-duc et faucon hobereau figurent parmi les prédateurs ailés.
La flore de la réserve n’est pas moins variée. On dénombre plus de 800 espèces de plantes vasculaires. Arbres géants et mousses minuscules côtoient arbustes et herbes en tout genre. Les espèces les plus rares sont le lis martagon, l’arnica des montagnes ou le sabot de Vénus. Sans mesures de protection adéquates, nous pourrions les perdre.
Grâce aux efforts pour maintenir un régime de protection strict sur l’ensemble de ce complexe naturel, ce site naturel magnifique de Biélorussie a survécu dans un état « vierge ».
Les forêts naturelles s’étendent de sur de nombreux kilomètres avec une richesse de couleurs, de nuances et de formes caractéristiques de la nature sauvage. Les forêts de conifères sont principalement composées de pins sylvestres et d’épicéas ; elles représentent plus de la moitié des forêts de la réserve. Les pinèdes couvertes de mousses, de callunes et d’une multitude of myrtilles, d’airelles sont les plus nombreuses. Les forêts de feuillus sont caractérisées par une large diversité de strate herbacée, bien que leur surface ne dépasse pas 500 hectares.
Sans aucun doute, les vastes marais tourbeux de la réserve constituent un trésor inestimable. Ils occupent plus de la moitié du territoire de la réserve et constituent le trait dominant et « sauvage » du paysage de la réserve. Ils sont un des facteurs permettant à la réserve de préserver son aspect primaire.
D’autres facteurs contribuent au caractère unique de la réserve: complexe de la vallée alluviale de la Berezina, son lit sinueux, ses affluents et lacs glaciaires, une grande variété de végétation prairial, forêts de feuillus alluviales, faune riche et diversifiée, dont une palette d’oiseaux rares.
Ce bref panorama de la Réserve de Biosphère de Berezinsky montre sa singularité et sa valeur unique au niveau mondial. La réserve est une référence pour la nature primitive en Europe.